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FÈRE CHAMPENOISE et NORMÉE

 

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La carte Cassini a été dressée à la demande du Roi Louis XV.

Elle est la plus ancienne des cartes de l'ensemble de la France à l'échelle topographique. Ce travail considérable a été l'oeuvre d'une véritable dynastie de scientifiques: "Les Cassini". On ne compte pas moins de 180 cartes au 1/86400 ième qui ont été dessinées à la plume sur une période de 65 ans (de 1750 à 1815).La genèse de cette magistrale réalisation est due à Jacques Cassini (1677-1756) qui se spécialisa sur les aspects concernant la représentation du globe terrestre. Il est le fondateur de la cartographie topographique et fut anobli par le Roi au titre de "Seigneur de Thurry".C'est à son fils, César-François Cassini de Thurry (1714-1784) que l'on doit la réalisation proprement dite de la première carte de France. Il réalisa d'abord la carte des Flandres en 1747. Ce travail impressionna Louis XV qui lui confia le relevé de l'ensemble du royaume.Jacques Dominique Cassini de Thurry (1748 - 1840) acheva la réalisation de la carte. Ce n'est guère qu'au XIXème siècle que la carte d'état major au 80 000 ième s'y substitua.
Cette carte provient du site de la Bibliothèque Nationale de France et est "libre de droits".

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Modeste repère géographique sur la carte de France, Fère Champenoise aura été à travers les siècles au carrefour des grandes voies de communication. Située en son centre à 123 mètres d’altitude, elle a des origines très anciennes le long de la Vaure. Les Gaulois présents vers 250 avant JC n’étaient-ils pas les premiers Fertons ? Par ailleurs la découverte de deux cimetières Mérovingiens de part et d’autre de la rivière atteste de la présence de deux tribus franques au 5ème et 6ème siècle.
Grâce aux voies romaines, ancêtres des routes nationales et autoroutes, le commerce et le flux des personnes sont alors florissants. Idéalement située entre Reims et Troyes, la ville se développe. Au 19ème siècle et au début du 20ème, bonneterie, brasserie et laiterie, associées à l’agriculture, occupent une bonne partie de la population, qui en 1975 est de 2450 habitants (hors Normée). Mais les nouvelles activités qui se créent et remplacent les précédentes, sont génératrices de moins de main d’oeuvre, et le nombre de Fertons est descendu à 2200.
Tous les types de commerce et d’activités sont actuellement représentés.
Les agriculteurs, qui exploitent près de 4000 hectares, désormais déboisés depuis les années 60, ont changé leurs modes de production. Les troupeaux de moutons et de bovins, occupant une main d’oeuvre abondante, ont laissé la place à une agriculture intensive, aidée par la mécanisation. Même les bâtiments, trop exigus, ont déserté l’agglomération pour s’établir à l’extérieur, à l’endroit où l’exploitant dispose de la majorité de sa surface cultivable. Les industries agro-alimentaires se sont adaptées, et on vu fleurir des silos à céréales, des négociants de pommes de terre et des services liés à l’agriculture.
Les frontières de l’Est et la proximité de la capitale ont attiré bien des convoitises. La ville a servi alors à trois reprises de bouclier, entre les envahisseurs et Paris. En Mars 1814 la campagne de France de Napoléon contre les Russes et leurs alliés s’est traduite par de lourdes pertes. En Septembre 1914, la région des marais de Saint Gond fut l’avancée extrême de l’ennemi, et Foch dirigea les opérations depuis l’Hôtel de Ville local, inauguré en 1900. Enfin le 6 Juin 1940, le centre fut bombardé et 80 maisons autour de la place ont été incendiées. La ville fut libérée le 28 Août 1944.
Ces deux guerres ont valu à la commune deux citations et deux Croix de guerre.
Après le terrible incendie de 1756, qui fit 1200 sinistrés, c’est une deuxième reconstruction qui commencera. Mais de cela, les Fertons ont l’habitude, malheureusement.
Avant le conflit de 1914, la ville avait déjà fait de gros efforts en matière de bâtiments scolaires, se dotant même d’un cours complémentaire pour garçons dès 1884. En 1902, l’éclairage public électrique remplace les fameux becs de gaz. Au sortir de ce douloureux épisode, la ville a perdu 104 de ses enfants. Elle s’adapte cependant aux nouvelles exigences de l’Etat et des citoyens. L’adduction d’eau, la voierie, les trottoirs, l’assainissement, le téléphone sont de gros chantiers qui bouleversent le quotidien de la population. Les premières voitures apparaissent et se multiplient rapidement, alors que l’actuelle RN 4 est déviée en 1938. A l’inverse le trafic ferroviaire des voyageurs inauguré en 1872, va cesser.
Tout cela a contribué à maintenir des habitants qui se tournent souvent vers l’extérieur pour leurs activités professionnelles.
En 1973, la fusion-association avec la commune voisine de Normée est effective. Située à 6 km du chef-lieu, cette dernière dispose d’une Mairie et d’une salle de réunions. Au milieu d’un territoire de 2400 hectares, et au bord de la vallée de la Somme, ce village de 112 habitants, est remarquable pour son fleurissement. Un comité spécialement créé pour cet objet, oeuvre activement pour garder la 1ère fleur acquise en 2005. C’est un passage obligé pour visiter les communes voisines engagées dans la même action.
Avant d’en arriver là, les habitants ont dû subir le passage des militaires engagés dans le conflit de 1914-18. Le 8 Septembre 1914, la partie nord du village fut brûlée. Courageusement, la
population se remit à l’ouvrage pour reconstruire. Elle a dû s’adapter aux services publics qui améliorèrent progressivement leur confort de vie, même si certains, comme l’eau, eurent du mal à s’imposer, car tous les Norméiots avaient leur puits. Ce n’est qu’en 1974 que l’eau courante arriva dans les éviers et les lavabos. Mais auparavant, pendant de nombreuses années, et jusqu’en 1938, les villageois pouvaient se rendre au chef-lieu en dix minutes grâce au train.
La compagnie de sapeurs-pompiers créée en octobre 1885, a été dissoute en janvier 1970.
Les commerçants et artisans, encore une dizaine il y a un siècle, ont disparu. Seuls restent les agriculteurs, moins nombreux, mais pratiquant une culture intensive, sur un territoire presqu’en totalité en terres labourables. C’était loin d’être le cas en 1914. A cette époque, il était réparti en trois parts égales : cultures – bois et sapins – jachères et savarts. C’est dans ces derniers que paissaient les 1200 moutons du village. A l’aube du 21ème siècle, céréales, colza, betteraves, pommes de terre et luzerne recouvrent une campagne qui culmine à 150 mètres.
Pour distraire la population des deux communes associées, un tissu associatif fort est à sa disposition. Que ce soit dans les sports, la culture et le social, ce ne sont pas moins d’une trentaine d’associations dirigées par des bénévoles, qui oeuvrent pour son bien-être.